mardi 3 novembre 2009

Est-ce que l’on sait où l’on va ?

"Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ?" - Diderot, Jacques le fataliste et son maître (1796)
J'ai rarement vue phrase introductive plus puissance, plus prenante que celle-là! D'un coup, un petit vertige puis notre humanité, surprise de se voir aussi clairement dans un roman, est prête pour une petite aventure littéraire. J'aime tellement ce roman, tellement son style et la sorte de calme qui en ressort tout en étant si nouveau, original et prenant.

mardi 29 septembre 2009

They want to get me!

« The goal of all inanimate objects is to resist man and ultimately defeat him. »
- Russell Baker (1925 - )

Je ne connais pas cet auteur ou cette personne, mais il semble qu'il ait un humour qui, en un certain sens, se rapproche du mien!

samedi 19 septembre 2009

des dérangeurs et des "désenclaveurs"

«Les athées, écrit le jésuite Jean-Guy Saint-Arnaud dans les Cahiers de spiritualité ignatienne (janvier-avril 2009), demeureront toujours un défi pour les chrétiens et les chrétiennes. Ils seront toujours des dérangeurs, des "désenclaveurs", des éveilleurs de conscience. Ils ont des raisons valables de refuser ce qu'ils refusent et c'est être fidèle à la vérité que de le reconnaître.» - Louis Cornellier, Le Devoir édition du samedi 19 et du dimanche 20 septembre 2009

Enfin un peu de lucidité de la part d'un croyant. Je ne sais quoi ajouter! Qu'est-ce que vous en pensez?

vendredi 26 juin 2009

Les mots de Diderot

« je ne méprise pas les plaisirs des sens. J'ai un palais aussi, et il est flatté d’un mets délicat, ou d’un vin délicieux. J'ai un cœur et des yeux ; et j'aime à voir une jolie femme. J’aime à sentir sous ma main la fermeté et là rondeur de sa gorge ; à presser ses lèvres des miennes ; à puiser la volupté dans ses regards, et à en expirer entre ses bras. Quelquefois avec mes amis, une partie de débauche, même un peu tumultueuse, ne me déplaît pas. Mais je ne vous dissimulerai pas, il m'est infiniment plus doux encore d’avoir secouru le malheureux, d’avoir terminé une affaire épineuse, donné un conseil salutaire, fait une lecture agréable ; une promenade avec un homme ou une femme chère à mon cœur ; passé quelques heures instructives avec mes enfants, écrit une bonne page, rempli les devoirs de mon état ; dit à celle que j'aime quelques choses tendres et douces qui amènent ses bras autour de mon col. Je connais telle action que je voudrais avoir faite pour tout ce que je possède.»
— Le Neveu de Rameau, Denis Diderot

C'est un long passage que le personnage présenté comme « moi » dans le neveu de Rameau que je présente ici parce qu'il me semble représenter une sensibilité tout plaisante. Malgré une teinte conservatrice ou traditionnelle, elle me fait toujours sourire. C'est le genre de position qui semble une position de base, un lieu sûr. Comme bien de mes contemporains, je suis parfois... souvent sceptique quand on parle de tradition et de bonheur. Pourtant, l'idée de l'honnête homme ne cesse de revenir dans mes pensées quand je n'y prends pas garde.

jeudi 25 juin 2009

Une chose que j'aimerais dire

« MOI ― Qu’avez-vous fait ?
LUI ― Ce que vous, moi et tous les autres font ; du bien, du mal et rien. »
- Le Neveu de Rameau, Denis Diderot

J'aimerais un jour répondre cela... C'est tellement beau, calme, serein...

mercredi 24 juin 2009

La jalousie selon Diderot

« A. Et la jalousie ?
B. Passion d'un animal indigent et avare qui craint de manquer; sentiment injuste de l'homme; conséquence de nos fausses mœurs, et d'un droit de propriété étendu sur un objet sentant, pensant, voulant et libre. »
- « Supplément au Voyage de Bougainville » (1772), dans Œuvres de Diderot, Denis Diderot, éd. Gallimard, coll. La Pléiade, 1965, p. 995 (texte intégral sur Wikisource)

Peu de gens sont immunisés ou insensible à ce sentiment. Peu de gens ne ressentent pas ce puissant sentiment « de propriété » et je trouvais pour cette raison que Diderot définissait assez clairement ce sentiment. Comme on pouvait s'y attendre d'un homme des Lumières, il blâme les « fausses moeurs » comme étant la cause de ce sentiment. Je ne serais pas totalement d'accord, mais l'éducation a une place à jouer dans la jalousie. C'est certain. Pour le reste, il faudrait voir. Je note que j'ai déniché cette citation sur le web... encore sur Wikiquote...

mardi 23 juin 2009

Diderot et la chrétienté

«[C]ette religion étant, à mon sens, la plus absurde et la plus atroce dans ses dogmes; la plus inintelligible, la plus métaphysique, la plus entortillée et par conséquent la plus sujette à divisions, sectes, schismes, hérésies; la plus funeste à la tranquillité publique, la plus dangereuse pour les souverains par son ordre hiérarchique, ses persécutions et sa discipline; la plus plate, la plus maussade, la plus gothique et la plus triste dans ces cérémonies; la plus puérile et la plus insociable dans sa morale considérée, non dans ce qui lui est commun avec la morale universelle, mais dans ce qui lui est propre et ce qui la constitue morale évangélique, apostolique et chrétienne; la plus intolérante de toutes. »
- « Lettre à Viallet » (Juillet 1766), dans Correspondance Inédite, Diderot, éd. Gallimard, 1931, p. 333

Il n'y a rien là de nouveau à ce genre de propos! C'est seulement bien dit, bien écrit. J'ai déniché cette citation sur le web. J'étais simplement à la recherche de quelques mots de ce cher Diderot qui m'inspire à chaque phrase. Je n'ai pas été déçu dans ma recherche. En quelques secondes, je suis tombé sur un extrait de cette lettre à Viallet. Je me suis alors dit que je devrais écrire plus de lettres à mes amis avec ce genre de proposition à l'intérieur...